Logo de la Société des Membres de la Légion d'Honneur Ruban de la Société des Membres de la Légion d'Honneur
Section du Gard

La Croix de la Valeur Militaire
Article de Bernard Lart
1er novembre 1954, dans les départements français d'Algérie, une rébellion indépendantiste algérienne se manifeste par des attentats sur des civils européens/musulmans et des soldats (sentinelles sans munition à l'entrée des casernes). Quelques mois après, la situation ayant alerté le gouvernement de la IV° République, les députés toutes tendances confondues votent l'envoi des militaires du contingent. Les unités des armées de Terre, de la Marine et de l'armée de l'Air se déploient et s''implantent dans le bled et autres djebels. Des opérations guerrières qui suivirent furent baptisées ‘'opérations de maintien de l'ordre ‘'. Dés lors, des expressions comme « crapahuter et accrocher » se prononcèrent avant et pendant les actions de combat. Des comportements humains divers apparurent l'adjectif valeureux avec son synonyme principal courageux fut écrit, pour demander honneur & récompense, mais laquelle ? Le problème se pose pour une concrétisation sous forme de médaille, car il ne peut y avoir de remise de croix de guerre : la France n'est pas en guerre dans ses départements.
11 avril 1956, par décret est créée la médaille de la Valeur Militaire, pour une citation (étoile de bronze, d'argent / or, palme) celle-ci possède un ruban rouge barré de trois bandes blanches verticales, mais au bout de ce morceau de tissus, la médaille est ronde ! Des questions agitèrent les titulaires d'autres décorations : Où positionner cette nouvelle décoration ? Et ce, malgré le texte de citation attribuant cette distinction. Quel va être l'ordre de préséance ?
14 juillet 1956, sur les Champs Elysées à Paris, le colonel Bigeard se fait remettre par le Président de la République M. René Coty, les attributs de Grand Officier de la Légion d'honneur. Cet officier -ayant découvert (avant beaucoup de ses confrères) ‘' le choc des photos ‘' -, positionne la médaille de la Valeur militaire à part des autres, mais bien en évidence (voir la photo).
12 octobre 1956 (six mois plus tard) par un nouveau décret, cette médaille est transformée en croix de la Valeur Militaire. De ce fait, cette « C.V.M. » trouve sa place dans la hiérarchie des croix de guerre et elle se positionne devant les diverses médailles commémoratives (et coloniales). Toutefois, dans la symbolique de cette croix, les deux épées ne figurent pas de part et d'autre de cette croix. Autre carence, il n'est pas attribué de fourragère pour récompenser collectivement les unités (*).
Après la fin des années soixante, la France envoie ses soldats dans les ‘' points chauds ‘' de son pré-carré africain : Au Tchad (dès 1969), en Mauritanie, au Congo / Zaïre, à Djibouti, au Rwanda, en R.C.A & R.C.I, Togo, Mali : ces opérations sont dénommées ‘' intervention extérieure ‘', avant que le sigle « Opex » s'impose dans les médias en 1984. L'attribution de la croix de la Valeur militaire continue, lui donnant un regain de notoriété dans le cortex des militaires d'active. D'autre part, ayant un siège permanent à l'O.N.U. notre pays fournit des contingents de « casques bleus » (**) au Liban, en ex-Yougoslavie, au Cambodge. Le comportement des ‘'casques bleus ‘' français fait que les porteurs du badge tricolore sont rapidement classés dans les « Peace making » -essayant de faire la paix -, ce qui les distingue des « Peace keeping » - gardant la paix -, et de la dernière catégorie, les « Peace eating » - mangeant en paix - (***).
Dans ce tableau des différentes Opex, ne figure pas la guerre du Golfe. En effet, en janvier 1991, le ministre de la Défense, M. Chevènement (avant sa démission) remet en service la croix des Théâtres d'Opérations Extérieures pour les soldats qui vont combattre dans les sables, en mer et dans les cieux de l'Arabie Saoudite, du Koweït et de l'Irak.
En 2011, l'intervention française en Afghanistan (depuis 2001), amena le chef des armées le Président Sarkozy à instituer une fourragère aux couleurs de la croix de la Valeur militaire. Par cette décision, les unités décorées trois fois de la « C.V.M. » ont le droit de porter la fourragère. En septembre 2013, les CPA 10, 20 & 30 ont reçu cette fourragère. Le 23 mai 2018, le CPA 10 se voit attribuer l'olive jaune, attribut supplémentaire de la fourragère, en raison d'une quatrième palme obtenue au Sahel.
La fin de cette anamnèse serait peut être dans une citation de Guillaume Apollinaire : ‘'L'honneur tient souvent à l'heure que marque la pendule ‘'.
Bernard Lart
(*) Peut-on avancer l'opinion suivante : Les anciens combattants des deux guerres mondiales (nombreux et influents dans les années Cinquante, grâce au régime parlementaire de la IV° République) ont-ils fait pression sur les instances gouvernementales, pour que ces deux spécificités manquantes soient effectives ? Beaucoup de ces « grands anciens » ne considéraient pas ce conflit en Algérie, comme une vraie guerre avec des batailles, des offensives (et des retraites ).
(**) On n'oubliera pas les officiers et sous-officiers français en mission d'observation, dans le cadre onusien (Palestine, Israël, Egypte, Jordanie, Liban, Koweït, Irak, Haïti, Cambodge, Kosovo, Angola, ex-Sahara espagnol), Au sein du comité de Lausanne, ‘' Casques blancs ‘' à Beyrouth entre 1984/86. Dans le cadre de l'Europe avec les observateurs E.U.M.M. dans la région du Caucase.
(***) Ces expressions de l'anglais onusien sont facilement compréhensibles


Retourner à l'historique des activités



  © SMLH - 2016