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Section du Gard

La fabrication d'un vase mériterait de nombreuses pages, tant les techniques sont diverses.
Distinguons simplement les poteries poreuse et les poteries imperméables, les mates et les vernissées, les grès et les porcelaines.
L'extraction de la terre :
Elle se fait plutôt en période de « sécheresse », et à Labahou pour « les Enfants de Boisset », jusqu'à sept mètres de profondeur. La terre sera triée (épurée de tout minéral). L'argile peut être rougeâtre et siliceuse, parfois gris-bleuâtre, plus grasse et plus malléable. Le mélange de ces deux terres a contribué à la fortune du grand vase d'Anduze !
La préparation :
Les mottes sont écrasées, puis la terre est tamisée et à nouveau triée, puis mélangée à l'eau dans un bassin. Elle est ensuite pétrie au pied, on dit qu'elle devient « verguée ».
Avant d'être utilisée, elle sera à nouveau malaxée et mise en motte : on la « couffit » (mijote) durant sept à dix jours. Le potier évitera toute bulle d'air avant son utilisation.
Le tournage et le moulage :
Le potier pose son « pâton » sur la « roda » (le tour). Il affine son vase avec un outil en bois appelé « esthèque ». Puis, par collage à la barbotine, il applique guirlandes et écussons toujours marqués avec le sceau du nom de la poterie.La famille Boisset conserve les matrices en plâtre les plus anciennes de la corporation.Puis le vase sera mis à sécher durant une à trois semaines suivant les saisons.
L'engobage :
Le vase est ensuite souvent recouvert d'une argile blanche servant à neutraliser la couleur rouge et à en faire sortir les oxydes.
Le vernissage :
Il est alors jaspé : projection à la main d'oxyde de cuivre sur l'écusson qui deviendra vert à la cuisson, et d'oxyde de manganèse sur la guirlande qui virera au brun.
Enfin, le vase est recouvert d'une couche de sulfure de plomb « l'alquifoux » (ou vernis) c'est lui qui, en fondant sous l'action de la chaleur, donnera cette déclinaison de teintes et de nuances.
La cuisson :
Les fours chauffés au bois, puis parfois au charbon, ont évolué avec le temps, passant d'un trou à même le sol servant de foyer et recouvert d'un cercle de pierres, à une cuisson plus moderne.Actuellement, on utilise le gaz ou l'électricité, pendant plus de trente heures, et jusqu'à 900 degrés. Les systèmes électroniques assurent un contrôle programmable très fiable.
Pour conclure, :
J'ai essayé de synthétiser l'historique et la fabrication du vase d'Anduze mais rien ne vaut une visite sur place. Vous y découvrirez le monde magique de la poterie ! Vous avez le choix.
Je tiens particulièrement à remercier « les Enfants de Boisset » : Cécile et Richard Jurquet pour leur accueil, leurs explications et leurs photographies.
Si vous voulez approfondir le sujet, je vous recommande l'excellent ouvrage de Laurent Tavès : «Le vase d'Anduze et les vases d'ornement de jardin » aux Editions E & C
Pierre LEMAIRE, Président du Comité SMLH 30 d'Anduze


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